Auteur : jean-Pierre GUENO
Le concept de « devoir de mémoire » a envahi le discours des journalistes, celui de certains universitaires et celui des politiciens. Il s’est éloigné de l’expression forgée par Primo Levi. Il s’est galvaudé. Il est devenu une bouteille à l’encre, une sorte de préambule automatique, d’argument en kit, en « prêt-à -porter ». Il appartient aujourd’hui au registre de la pensée « panurgienne » et préfabriquée. S’il est invoqué à bon escient pour évoquer les crimes d’Hitler, il ne l’est jamais pour évoquer ceux de Staline ou de Mao. Le devoir de mémoire cacherait-il une volonté d’amnésie ?
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