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Débat autour du livre de Bernard Friot "Pressé, pressée".

Il y a quelques mois, nous recevions une lettre très critique de deux lecteurs, à propos du livre de Bernard Friot, Pressé, pressée, édité dans la collection Milan Poche.
Extraits : « Nous sommes atterrés : […] du point de vue du contenu, nous n’envisagerions pas faire lire à un enfant, voire à certains adolescents, ce type de prose. Les thèmes mis en scène sont malsains, présentés de manière enfermante voire avilissante : chantage entre frères et soeurs, manipulations des parents, thèmes scatologiques, préméditation d’accident contre les parents… […] Nous ne comprenons pas comment un éditeur prend le risque d’engager sa ligne éditoriale sur de tels contenus. »
Un avis pour le moins tranché, que nous sommes en droit de ne pas partager, à l’instar de ces deux critiques : « Enlevées et caustiques, ces histoires à l’écriture rapide, originale et dense devraient ravir les jeunes lecteurs autant par leur chute inattendue que par leur contenu… » (Cécile Latry, « Livres jeunes ») ; « Le regard de l’auteur est à la fois lucide et tendre. Il ne cache ni la violence des sentiments ni le malaise mais prend une distance ironique et sait terminer les épisodes par une pirouette drôle, inattendue et parfois tranchante. » (Hélène Girard, « Livres jeunes »)
Pour autant, aux Éditions Milan, nous aimons débattre et échanger avec nos lecteurs. Nous respectons leur avis. Voici quelques extraits de la réponse de Chloë Moncomble, directrice littéraire du pôle fiction-licences, au sujet des écrits de Bernard Friot, incriminés par ces deux lecteurs : « Notre ambition littéraire n’a d’autre but que de donner à nos lecteurs des clefs pour devenir des adultes éclairés. […]Le problème de la littérature jeunesse, c’est justement qu’on la qualifie de « jeunesse ». Forcément, nombre de questions se posent (toutes légitimes). Mais je suis convaincue qu’il faut se méfier de la dangerosité supposée de certains textes, car ce préalable peut conduire à une censure totalitaire et a trop tendance à conduire la littérature jeunesse sur le banc des accusés. Nos lecteurs ont une soif d’authenticité, et je suis convaincue que c’est ce que les Histoires pressées leur amènent. Qu’on le veuille ou non, les thèmes que vous dénoncez font partie du quotidien de nos enfants. Certes, nous pourrions « fantasmer » nos enfants tels que nous voudrions qu’ils soient, mais ce serait trop facile… et tellement ennuyant. »
Votre avis compte. C’est pourquoi nous avons choisi de mentionner l’existence de ce débat. N’hésitez donc pas à nous soumettre vos remarques et critiques éventuelles.
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