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La Fabrique à histoiresde Bernard Friot

Le Dragon des temps modernes

2 novembre 2015
ahrix

Il était une fois, au cœur des landes lointaines, un train à vapeur qui avançait à vive allure. Dans son sillage, les feuilles d’automne tourbillonnaient et une immense fumée blanche se dégageait de sa locomotive. Il était conduit par un conducteur et son convoyeur qui alimentait le four à charbon. Ils avaient de la poussière noir sur tous leurs vêtements. Leurs visages étaient noirs comme la nuit.
Soudain, ils virent une ombre au loin, ils écarquillèrent leurs yeux noirs de poussière. Ils pensèrent tout de suite au grand dragon blanc qui habitait autrefois ces forêts. Le dragon était blanc comme la neige. Quand il apparaissait, la terre devenait très sombre et les arbres disparaissaient. Il était rapide come l’éclair et ses yeux si transparents qu’on pouvait y voir deux hommes en uniformes. D’ailleurs ses écailles étaient si transparentes qu’on pouvait y voir les victimes qu’il avait avalées. Ses ailes blanches tendues réfléchissaient la lumière du jour. Il ressemblait étrangement à un oiseau à longue queue.
Le monstre grognait, alors qu’une multitude de petits animaux étranges s’affairaient autour de lui. Ils semblaient être ses serviteurs. Tous avaient une lumière orange qui clignotait sur leurs têtes. Des hommes autour semblaient agités des drapeaux !
Le grand monstre blanc, était face au train. Il rugissait d’un son tellement assourdissant que le conducteur et son chef machiniste ne pouvait plus s’entendre. Il s’apprêtait à voler.
La collision avec la chenille à vapeur était proche. Le conducteur de la locomotive et son compagnon essayèrent d’arrêter le train. Ils tirèrent de toutes leurs forces sur le levier du frein, mais le choc était inévitable.
Le train à toute vitesse percuta le dragon. Le fracas du train était si puissant qu’un grand bruit retentit. Les wagons volaient en éclat. Le conducteur et son compagnon volèrent dans le ciel. On entendit une voix qui venait de l’intérieur de la bête.
« Attention, attention !! » dit la voix .
Le conducteur du train et son convoyeur se réveillèrent, après un long moment, encore effrayés par le choc. Un homme habillé en rouge et portant un casque en métal les regardait. Il leur demanda s’ils savaient où ils étaient, s’ils pouvaient bouger leurs bras, leur jambes.
Ils avaient atterrit sur le museau de la bête, pensaient-ils. Un moment ils crurent avoir vaincu le dragon qui avait arrêté de grogner.
Ils entendirent alors, une voix d’homme qui s’avançait vers eux en criant «Mais où croyez-vous être pour débarquer ainsi sur une piste d’avion ».

Youssef Haddad – 5e 9