Laurence Gillot présente « La Fille qui sourit », une héroïne qu’on aimerait tous connaître…

L’histoire de La Fille qui sourit gravite autour de l’attachant personnage d’Adèle, adolescente passionnée de dessin, qui veut rendre la vie plus belle autour d’elle. L’autrice Laurence Gillot nous parle de son tout nouveau et réjouissant roman.


Dans la vie d’Adèle, 16 ans, il y a une super-copine, une maman pas toujours disponible, et un petit frère adoré. Il y a un père, aussi, mais il a quitté sa mère pour fonder un autre foyer et cela fait longtemps qu’Adèle ne répond plus à ses textos. Depuis quelques semaines, il y a aussi l’ange dodu scellé sur le mur du service « Traumatologie-Orthopédie » de l’hôpital où son frère est soigné à la suite d’une fracture du bassin.
Tous les soirs, quand elle passe devant le dodu pour aller voir son petit frère et dessiner avec lui, histoire qu’il ne s’ennuie pas trop, elle lui appuie sur le nez en bourdonnant « pnuuuuut ». Parfois, même, elle lui parle. Voilà à quoi ressemble le monde d’Adèle : un monde où les anges en pierre vous lâchent de malicieux conseils ; un monde où l’on ne pénètre pas dans une pièce sans une cascade de bulles de savon ou autre effet d’entrée spectaculaire ; un monde où l’on distribue des sourires selon les circonstances, mais où on les distribue à tour de bras.

Jusqu’au jour où elle rencontre un garçon de son âge victime d’un terrible accident de la route. Un garçon cassé de partout. Adèle prend bientôt l’habitude de venir le voir à l’hôpital, pour le distraire d’abord, puis parce qu’il occupe toutes ses pensées…


Pouvez-vous nous parler d’Adèle, la jeune héroïne de votre roman ?

Adèle est une fantaisiste, une pro-active du bonheur, une décoratrice de vie en chef, une généreuse… Cependant, derrière ses sourires, sa légèreté, sa bienveillance, se cachent une grande fragilité, beaucoup d’abnégation et bien des tourments.
Ce que va vivre Adèle dans cette histoire, va la transformer, va l’emmener à comprendre sa relation à elle-même et aux autres.


Adèle dessine tout ce qui lui importe, elle passe son temps à ça. Que signifie pour vous ce rapport au dessin ?

Adèle croque la vie et… sa vie. Elle saisit avec son crayon à papier tout ce qui l’entoure, ce qui l’émeut. Son carnet de croquis est comme un livre de bord. Le dessin pour elle représente un temps suspendu, un moment rien qu’à elle, un espace où elle peut se déployer. Car l’acte créatif permet un autre rapport au monde et à soi-même. Il permet de transcender la réalité, de l’enrichir, de lui donner du sens, du relief, de la force, de la saveur. Adèle se découvre elle-même en dessinant, mais aussi en faisant preuve de fantaisie et de décalage.
Créer, c’est ouvrir des portes sur de nouvelles sensations, sur l’inattendu, c’est faire jaillir de la nouveauté, c’est ouvrir des champs de pensée …


Laurence Gillot


Votre héroïne s’efforce d’enjoliver la vie pour rendre heureux les gens autour d’elle. L’appellation « roman feel-good » vous convient-elle ?

Il y a assurément de l’humour, des bonnes vibrations et des ondes positives dans La Fille qui sourit, et en ce sens, le roman peut être qualifié, comme on dit maintenant, de « feel good ».
Mais l’enfermer dans cette catégorie me semble réducteur. La Fille qui sourit, c’est aussi un roman initiatique, c’est une histoire qui explore les interactions humaines et comment au contact des autres, on peut se remettre en question et se révéler à soi-même.


En quoi l’écriture pour les adolescents est-elle un exercice particulier ?

Écrire en soi est un exercice particulier. On rêve, on imagine et puis on trouve (ou on ne trouve pas !) les mots pour faire vibrer des personnages, pour les emmener dans une histoire dont ils vont, tous, sortir différents, inspirés, grandis. Si on réussit, alors, peut-être, les lecteurs sortiront-ils du roman eux aussi différents, inspirés et grandis. C’est ça, le défi.
Écrire pour les adolescents revêt une difficulté supplémentaire : il faut connaître leurs codes, leur vocabulaire, leurs pratique de « vivre ensemble », leurs usages des nouvelles technologies, leurs modes… Et c’est ce fossé des générations qui est le plus compliqué pour moi, car je n’ai plus de jeunes à la maison !

Sinon, le reste est universel. La joie, l’attente, la jalousie, l’espoir, le sentiment amoureux provoquent les mêmes sensations aujourd’hui comme hier : l’éclat de rire, les jambes en coton, les papillons dans l’estomac, le sang qui tape dans les tempes, le cœur qui bondit…



Grâce à sa façon atypique de croquer la vie et de faire des entorses aux protocoles, la bonne humeur d’Adèle deviendra contagieuse. Nul doute qu’à l’issue de cette lecture, notre héroïne aura semé en chacun d’entre nous une graine d’espoir et de fantaisie… pour peut-être panser ses propres cicatrices ? 

Par Laeitia Toinen, Librairie Mots et Images (Guingamp).

Avec l’aimable autorisation de Page des libraires.