Des documentaires pour parler de tout à tout âge !

Ils ont pour vocation de satisfaire la curiosité naturelle des enfants et de construire leur esprit critique. Les documentaires Milan s’emparent autant de sujets sociétaux que des thèmes classiques du genre. Ils constituent aussi de précieux supports pour accompagner les questionnements des jeunes lecteurs autour de leurs émotions : leurs joies, leurs peines, leurs séismes intérieurs.

Rencontre croisée avec Charlotte Derville, directrice littéraire de la galaxie « Mes p’tits docs »/« Mes p’tites questions », et Julie Bethous, directrice artistique.

Propos recueillis par Sophie Dussaussois, journaliste.


Avec « Mes p’tits docs », Milan occupe une place de leader sur le marché du documentaire jeunesse. Qu’est-ce qui fonde, selon vous, la force de cette collection ?

Charlotte Derville : Si les 4-7 ans aiment autant « Mes p’tits docs », c’est avant tout pour leur principe de narration, qui ne se rompt pas du début à la fin de l’ouvrage. Ces documentaires se lisent comme une histoire du soir. Grâce à un fil narratif, l’autrice de la collection, Stéphanie Ledu, capte l’attention des lecteurs pour raconter aussi bien les dinosaures que les pirates, Molière, les crottes, les abeilles ou le chocolat. En un mot, pour aider à élargir le plus possible leur vision du monde. L’approche consiste à rester à hauteur d’enfant ; cela passe par le travail du texte, ciselé à la virgule près. Tout doit être compréhensible : le vocabulaire employé comme les notions abordées.

Julie Bethous : Concernant le visuel de cette « galaxie », nous avons construit un répertoire d’illustrateurs talentueux capables de proposer une illustration tendre et documentaire sans tomber dans l’hyperréalisme. Pour « Mes p’tits docs », nous avons choisi un style tout en contour et riche en détails. Notre mantra : veiller constamment au lien texte-image, lire ce qu’on voit et voir ce qu’on lit.



Si « Mes p’tits docs » est une collection de plus de 100 titres, « Mes p’tites questions », qui s’adresse aux plus de 7 ans, connaît aussi une belle longévité. Quel est le secret de cette éternelle jeunesse ?

Charlotte Derville : En rayon depuis plus de 10 ans, la collection doit s’adapter en permanence. L’environnement de nos lecteurs ne cesse en effet de bouger. Nos documentaires se doivent d’être en phase avec ce qu’ils perçoivent et ressentent pour continuer à leur donner des clés de compréhension. On n’aborde plus comme il y a 10 ans, ni dans nos livres, ni dans la société, les questions de genre, les rapports de force, l’histoire du monde ou de notre pays. Ainsi, l’ouvrage sur la ferme a fait peau neuve sous le titre Les Agriculteurs. Une veille au quotidien sur les questions d’actualité autant que sur les mots qui font l’actualité est essentielle. Récemment, nous nous sommes dit qu’il était temps d’affronter le thème de la colonisation et d’accompagner par un livre le dévoilement de notre passé. Comme chaque titre de la collection, l’ouvrage est conçu pour faire naître le dialogue entre les adultes et les enfants, que ce soit dans une bibliothèque, un centre social, à l’école ou dans une famille.


Julie Bethous : Côté maquette, « Mes p’tites questions », c’est un autre terrain de jeu visuel. Les lecteurs plus grands commencent à avoir une sensibilité graphique plus définie. Sans perdre notre précision documentaire, nous nous sentons donc autorisés à proposer des couleurs ou des compositions plus audacieuses.




Se centrant sur des thèmes sensibles concernant les 4-7 ans, la collection « Mes p’tits pourquoi » a rapidement trouvé sa place dans le public. Elle allie fiction et documentaire. Comment travaillez-vous ?

Charlotte Derville : La vie émotionnelle des petits est plus souvent traitée dans les albums ou en fiction. Nous pensions qu’elle avait aussi sa place en documentaire, avec un traitement plus « froid ». Avec nos auteurs, nous prenons soin d’amener la notion à travers un récit et un personnage. Le propos documentaire s’incarne dans cet enfant miroir qui vit des situations que le lecteur rencontre — à l’école, à la maison…Tout peut être abordé dans cette collection : sujets médicaux, psycho ou sociétaux, comme l’autisme, la colère ou l’adoption, en restant à hauteur d’appréhension et de compréhension des lecteurs.


Julie Bethous : Ce qui compte, dans cette collection, c’est de mettre en avant le ressenti de notre héros plus que ce qui l’entoure. C’est pourquoi nous privilégions les fonds blancs et les décors très épurés, sauf si cela doit servir le propos. Ici, on va plutôt multiplier les visuels afin de décortiquer et désamorcer parfaitement le sujet, sans oublier, bien sûr, le coup de crayon doux pour illustrer un thème délicat.



Milan number one !

Premier éditeur du marché documentaire français, Milan trône sur la première marche du podium depuis 2015, avec 15 % de parts de marché. Si « Mes p’tits docs » reste la collection la plus vendue en volume, « Mes p’tites questions » et « Mes p’tits pourquoi » occupent respectivement la quatrième et la huitième place des collections les plus vendues en France.



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