Les livres sensoriels, des mines d’or pour l’éveil des enfants

Contes et comptines à toucher, imagiers gigognes, docs en forme ou à chanter… Milan propose plusieurs gammes de livres à toucher, à écouter, à construire et à déconstruire. Ludiques et colorés, ces ouvrages sensoriels participent à l’éveil au monde des plus petits et favorisent leurs apprentissages à chaque étape.

Éclairage avec Marie Ruffier-Bourdet, ergothérapeute à Dijon, autrice de Mes premiers repas avec plaisir et sans stress (Hachette-Marabout) et créatrice du compte Instagram @ergomums.

Propos recueillis par Sophie Dussaussois, journaliste.




Marie Ruffier Bourdet, ergothérapeute
Marie Ruffier-Bourdet

Quel est le rôle d’un ergothérapeute ?

Nous sommes des professionnels de santé, titulaires d’un diplôme d’État et spécialisés dans l’occupation. Nous nous basons sur le développement sensori-moteur de l’enfant, pour qu’il puisse accéder plus tard à la cognition, c’est-à-dire apprendre à lire et à écrire, par exemple. Si on imagine une pyramide, le sensori-moteur est la base du développement entre 0 et 1 an. Par exemple, si un petit manipule peu, on peut travailler avec des livres ou des jeux d’emboîtement pour solliciter ses fonctions afin qu’il puisse ensuite développer des capacités.




Quelle est l’importance de la sensorialité chez les tout-petits ?

Jusqu’à 3 ans, les perceptions sensorielles et intellectuelles sont très différentes de celles des adultes. Le tout-petit vit en grande partie ses expériences à travers le corps. À cet âge, l’enfant doit pouvoir appréhender son environnement avec ses huit sens. Au-delà du toucher, de l’olfaction, de la gustation, de l’audition et de la vision, nous tenons compte de la proprioception, qui permet
d’avoir conscience de la position de ses bras ou de ses doigts, et donc par exemple de verser un verre sans regarder. Le sens vestibulaire concerne l’usage de la mobilité : mettre ses chaussettes ou faire une galipette. Enfin, l’intéroception met en jeu les notions de plaisir et d’engouement. Il est important de comprendre que les premiers apprentissages sont liés à l’émotion. En clair, ce qui est fait avec une émotion positive sera reproduit, ce qui est fait avec une émotion négative sera évité.

Milan propose une offre très vaste de livres à toucher, à manipuler, à écouter. Quel regard portez-vous sur ces collections ?

Ce sont de vraies mines d’or. Bien avant de savoir lire, l’enfant va toucher et manipuler les ouvrages. Les livres sensoriels vont lui permettre d’expérimenter le doux, le râpeux, le dur, le mou… Ils mettent aussi en scène les actions-réactions. La Petite Poule rousse est à la fois sensorielle et animée. Grâce à un volet, l’enfant provoque l’apparition de grains de blé. Il fait tourner un petit moulin avec son index, et ça, c’est passionnant. Car, ainsi, l’enfant fait le lien entre ce qu’il voit et l’usage de ses doigts qui entraîne une action. Il prend conscience qu’il peut agir sur son environnement. Les livres audio grâce auxquels l’enfant appuie sur un bouton qui déclenche une chanson l’encouragent à utiliser plutôt son index que l’ensemble de sa main. C’est très important pour manipuler une fourchette, des ciseaux, des crayons et tous les outils du quotidien. Avec ces livres, on prépare l’enfant à développer ses capacités à interagir.

Comment utilisez-vous les livres sensoriels de Milan dans vos pratiques ?

Les orthophonistes peuvent les utiliser dans un rapport au langage, pour nommer, reconnaître, développer le vocabulaire de l’enfant. En ergothérapie, on s’en sert pour développer ses capacités sensorielles, pour l’aider à percevoir avec ses doigts, à passer d’une main immature à une main habile. Quand j’interviens dans les crèches, je commence souvent les séances avec Chatouille-moi si tu l’oses ou encore Je prends le bain, dans la collection « Je grandis avec Milan ». Certains enfants ont peur de toucher.
Ces livres constituent une approche ludique, ce sont des motivateurs. Les jeux d’encastrement ou d’emboîtement sont parfois trop complexes au début. Les livres constituent un défi plus juste, plus adapté.

À l’heure des écrans, les livres sensoriels sont-ils encore plus nécessaires ?

Oui, bien sûr ! Certains parents n’aiment pas lire des histoires ou n’en voient pas l’intérêt. Or, d’abord, ces livres contiennent peu de texte, ils ne sont pas intimidants. Par ailleurs, reconnaissons-le, on a tous besoin de souffler et on n’a pas toujours la disponibilité nécessaire après une journée de travail. Avec ces livres, pas besoin de dégainer un écran. Un tout-petit peut utiliser son livre sonore ou à toucher de manière autonome… et passer un excellent moment !



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