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Trois questions à Édouard Manceau

Édouard Manceau a signé plus d’une centaine d’ouvrages jeunesse, souvent traduits à l’étranger. Il est lauréat du prix des Incorruptibles – catégorie maternelle – en 2011 avec Tout pour ma pomme… et en 2012 pour Si tous les éléphants s’appelaient Bertrand… Il a également reçu le prix Sorcières – catégorie tout-petits – en 2015 pour Le Petit Curieux. À la veille de cette rentrée post-déconfinement, il répond à nos questions et nous offre en image un rappel des gestes barrières.

Vous faites de nombreuses rencontres avec les tout-petits dans les crèches, les écoles maternelles, les bibliothèques. Quel est l’élément moteur de cette démarche ?

Pour moi c’est une évidence : pour être un adulte accompli, il faut avoir gardé intact en soi l’enfant que l’on a été.

Il s’agit justement de garder ce contact privilégié avec mon enfance. Et puis il y a là une formidable source de vie. Les petits sont curieux, leur appétit est sans fin. C’est un vrai privilège de vivre des moments avec eux. Je suis infiniment plus vivant quand je suis avec des enfants qu’avec des adultes. Ils sont beaucoup plus dans le présent… Les adultes sont préoccupés par hier et par demain, mais rarement par maintenant ! Or un créateur doit être intensément dans le présent quand il crée.

Vous abordez peu les thématiques habituelles de la vie quotidienne. Pourquoi ce choix ?

Au contraire ! Je les aborde sans arrêt. Dans mon dernier livre par exemple, la poule qui roule, qui chute, qui se relève et qui repart, c’est exactement ce qui arrive tous les jours aux enfants dans les cours de récréation. Mes livres ne fonctionnent pas comme des miroirs du quotidien. Mais ils sont très proches de ce que vivent les enfants. Relisez La Dispute ou Tous pareils !, et vous verrez que c’est très humain, très proche du quotidien des gens. Seulement ça n’est pas daté, il n’y a pas de décors… ce qui laisse penser que je suis loin du quotidien.

Parlez-nous de votre livre, Roule ma poule !, où il est question de jeux de mots autant que d’humour visuel.

Il ne s’agit pas vraiment de jeux de mots, mais plutôt d’un texte musical et répétitif. C’est une partition pour les parents et les médiateurs, enseignants ou bibliothécaires, qui vont pouvoir s’en emparer et, j’espère, s’en donner à cœur joie. Ce livre est une poésie contemporaine qui se passerait au pays des Shadoks, une histoire qui semble ne servir à rien et qui pourtant est reliée à la vie. Cette poule laisse croire qu’elle est idiote, mais en même temps elle est très attachante… Je pense qu’elle a de beaux jours devant elle, et ça me réjouit totalement !

http://edouardmanceau.blogspot.com/

En ce jour de déconfinement, Édouard Manceau rappelle les gestes barrières aux enfants.